Vraiment.
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J'en peux plus, je sature, j'étouffe.
On va me dire et je devrais me dire que j'ai pas à me plaindre. Sale gamine capricieuse. Effectivement. J'ai, pour vous, tout ce qu'il faut pour être heureuse, et c'est vrai. Je le suis, enfin du moins je crois. Et de toute façon, le malheur des autres n'a jamais fait mon bonheur. J'vois pas pourquoi aujourd'hui ou demain ça changerais. Et j'vous assure que vous devriez en faire autant.
Mais la putain j'en peux plus, je sature, j'étouffe. Je suis de retour à Paris. Oh Paris. Elle est belle cette foutue ville. Avec ces beaux et grands immeubles bien construits, enfin des que tu traverses le periph' c'est plus vraiment pareil, mais bon. Passons. Avec c'te dame de fer marron foncé que des milliers de japonais et d'autres touristes photographie chaque jour. La pauvre, laissez là un peu tranquille et acheter des cartes postales. C'est comme si vous y étiez de toute façon. Passons. Avec ces rues éclairées comme pas possible sous n'importe quel pretexte, ou des milliers de petits gens affairés passent chaque jours, les yeux cloués au sol, sans faire attention aux gosses qu'ils bousculent ou au gars qu'est assis là par terre. Passons. Avec son ciel gris. Non, ni bleu, ni orageux, ni ensolleillé. Gris, sans nuances, monotone. Passons. Avec ces milliers de parisiens. Ah les parisiens. D'la p'tite chalala qui cri à pleine gueule parcequ'elle s'étonne de s'être fait péta son sac Vuitton à la racaille qui traine sur les champs en passant par les teuffeurs de chatelêt ou les babas cool de Monmartre. Enfin, des gens quoi. Un peu trop. Passons. Passons. Passons.
J'en peux plus, je sature, j'étouffe. Ca me fou le sum, comme on dis. Pourtant c'est une des plus belles villes du monde. Et c'est vrai qu'elle est belle notre capitale. La nuit, c'est animé, c'est lumineux, ça sent le gaz d'échappement, la clope et la pisse. Mais on s'en fou. Je ne vis que pour le soir et le weekend. C'est désolant, affligeant. Vous trouvez ? Je trouve aussi. Et qui sait. Il existe peut-être une planète où on n'se lève jamais. Gardons l'espoir. Parceque tant qu'il est là, on vis. Il faut vivre pour quelque chose, sinon on ne vis plus, on erre, on vegette, enfin je sais pas. A peine un jour que je suis rentrée et déjà l'envie de repartir. Si c'est pas génial... Il me faut mon oxygène, mon échappatoire, ma bulle de bonheur. C'était trop court, et me dire que j'ai pas eu le temps de faire autant de choses me fou les boules. Bordel.
Peut-être un peu trop à l'ouest la gamine. Vous me prenez sans doute pour une cretine mais je reste persuadée qu'un jour il y a des gens qui se demanderont: " Pourquoi je vais souvent si mal, pourquoi j'oblige les gens à aller mal, et ce uniquement pour que je continue à aller mal ?"
C'est le problème de la plupart des gens, ils rêvent d'être eternels. Alors, quand on leur annonce qu'on veut juste vivre sa vie et que si ça signifie mourir dans trois ans, ce n'est pas grave, ça les rend fous. Mais à partir de moment où on décide que ça n'a plus aucune importance de ne jamais avoir 20 ans ...
A pill to make you dumb
A pill to make you anybody else
All the drugs in this world
Won't save her from herself.
Coma White
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